Le SIB étend son offre de télémédecine à l’ensemble du territoire national

Le SIB étend son offre de télémédecine à l’ensemble du territoire national

A lire dans le numéro 30 du magazine DSIH paru en juin 2020.

Dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19, le SIB a accéléré l’extension de son offre de services de télémédecine à l’ensemble du territoire national. L’objectif était de fournir au plus grand nombre de ses adhérents hospitaliers les services de téléconsultation et de télésuivi pour faciliter le suivi médical des patients et permettre aux hôpitaux de conserver une bonne capacité d’accueil, notamment en soins critiques. DSIH fait le point avec Olivier Morice-Morand, le directeur général du SIB.

Le SIB a étendu son offre de services de télémédecine durant la crise du Covid-19. Pouvez-vous nous présenter la démarche et le dispositif mis en place ?

La crise due au Covid-19 est une crise sanitaire inédite et majeure. Les hôpitaux et les professionnels de santé ont été soumis à rude épreuve et, malgré les premiers signes actuels d’accalmie, la crainte d’une éventuelle nouvelle vague d’épidémie est toujours présente. En tant qu’acteur du numérique en santé, le SIB a rapidement été sollicité par ses adhérents et clients pour adapter certains de ses services et solutions en vue de faciliter la prise en charge et le suivi des patients atteints du Covid-19 ou suspectés de l’être. Un des axes a donc été de prioriser le déploiement de notre offre de télémédecine actuellement disponible dans les Hauts-de-France. Si l’extension des services de télémédecine à l’ensemble du territoire national était initialement prévue sur notre feuille de route au second semestre 2020, nous avons décidé de l’accélérer en proposant, dans un premier temps, l’accès à la télé consultation et au télésuivi. Ces services essentiels durant la crise étaient et restent « activables » en deux jours par nos équipes et celles de notre partenaire Nehs Digital. Ultérieurement, nos adhérents auront accès à l’ensemble de l’offre : télé-AVC, télé-EEG (Électroencéphalogramme), téléradiologie, télé-imagerie, dépistage de la rétinopathie diabétique, etc.

Concrètement, qu’apportent la téléconsultation et le télésuivi aux patients et aux professionnels de santé ?

Le volet téléconsultation permet d’assurer la continuité de la prise en charge des patients. Sans avoir besoin de se déplacer à l’hôpital, ils peuvent se voir proposer une prise en charge médicale à distance. C’est également le cas pour des pathologies non nécessairement liées au Covid-19.

Le service de téléconsultation est accessible depuis une plateforme Web sur tout type de support sans téléchargement préalable. L’espace de téléconsultation permet au patient de transmettre facilement des documents pour la consultation (ordonnance, bilan…). À l’issue de la téléconsultation, le médecin rédige un compte rendu et peut également transmettre une ordonnance au patient via l’espace de téléconsultation. Les professionnels de santé ont également la possibilité de s’appuyer sur ce service pour maintenir la continuité des soins ou réaliser des actes d’éducation thérapeutique.

Quant au service de télésuivi ambulatoire Covid-19, il permet de surveiller à distance l’état de santé des patients atteints du coronavirus et confinés à leur domicile. Le patient répond à un questionnaire en ligne plusieurs fois par jour. Son médecin peut ainsi suivre l’évolution de ses symptômes et déclencher, en cas d’aggravation de sa situation, une téléconsultation ou une hospitalisation.

Comment voyez-vous le développement de la télémédecine en France, après la crise du Covid-19 ?

Il a fallu attendre cette crise sanitaire pour que les usages de la télémédecine en général et de la téléconsultation en particulier explosent. On est tout de même passé en France d’une dizaine de milliers de téléconsultations hebdomadaires en début de confinement à plus d’un million par semaine fin avril. Un chiffre qui, en septembre 2018, correspondait aux prévisions annuelles !

Après cette crise, ces chiffres vont certes baisser, mais la téléconsultation restera dans les usages et deviendra réellement un complément de la médecine classique. Pour ma part, je suis convaincu que la télémédecine va s’intégrer durablement aux pratiques des professionnels de santé en ville et à l’hôpital. Dans le contexte de la mise en oeuvre des GHT et de la feuille de route « Accélérer le virage numérique en santé », la voie du développement des usages de multiples autres télé-expertises d’ores et déjà disponibles va s’ouvrir. La télémédecine va également s’inscrire comme une solution alternative à la problématique des déserts médicaux et faciliter ainsi la réduction des inégalités d’accès à la santé selon son lieu de vie.

Enfin, du fait de mon passé dans l’humanitaire, je vois aussi s’élargir les perspectives de tous les acteurs de la santé au-delà de nos frontières.