APM – le SIB poursuit sa croissance et met l’accent sur la cybersécurité et le “numérique responsable”

(Par Wassinia ZIRAR)

RENNES, 8 décembre 2021 (APMnews) – Le groupement d’intérêt public (GIP) SIB clôt une année 2021 “en forte croissance” et donne la priorité à la cybersécurité, le “numérique responsable” et l’innovation pour maintenir la dynamique en 2022, ont confié mercredi à APMnews son directeur général, Olivier Morice-Morand, et sa secrétaire générale, Elisabeth Le Boité.
“L’année 2021 est une année de forte croissance qui va se poursuivre en 2022. Elle est principalement tirée par les produits que nous éditons : le dossier patient informatisé Sillage, notre plateforme d’interopérabilité eDen et notre outil décisionnel Magellan*”, a expliqué Olivier Morice-Morand.
Le SIB (ex-Santé Informatique Bretagne) équipe 85 groupements hospitaliers de territoire (GHT) avec au moins l’un de ses produits et “entre fin 2020 et début 2021”, une “quarantaine” d’établissements ont notamment choisi son DPI Sillage*. Le directeur général du GIP a cité le GHT de Vaucluse ou encore de Savoie-Belley.

Ces derniers mois, plusieurs autres structures ont choisi le DPI du groupement. Le CH Guillaume-Régnier de Rennes, spécialisé en psychiatrie, a annoncé s’être équipé de la solution en septembre tout comme le GHT du Maine-et-Loire, dont le CHU d’Angers est l’établissement support, qui déploie le DPI depuis septembre. Le centre hospitalier (CH) de Cholet sera le premier équipé en Anjou, suivi du Centre de santé mentale Cesame et du CH de Doué-en-Anjou, “entre juin 2022 et mi-2023”, rappelle-t-on (cf dépêche du 05/11/2021 à 17:47).

“En 2020, le budget du SIB tournait autour de 40 millions d’euros (M€), le budget 2021 avait été voté à hauteur de 45 M€, avant d’être porté à 48 M€ et le projet de budget pour 2022 s’établit à 55 M€”, a fait savoir Olivier Morice-Morand. “Cela représente une croissance de 14% entre 2020 et 2021 et 16,5% envisagée pour 2022”, a précisé Elisabeth Le Boité.
“Cette croissance liée à la confiance de nos adhérents pour nos produits mais aussi à notre politique de recrutement puisque nous sommes passés de 300 collaborateurs fin 2020, à 370 fin 2021 et nous projetons un nombre de collaborateurs s’élevant à 422 à la fin de l’année 2022, sans compter la cinquantaine de prestataires qui vont nous accompagner”, a également indiqué le directeur général du SIB.

Une direction de l’innovation pleinement opérationnelle

Les dirigeants du GIP se sont aussi félicités que les objectifs fixés dans le cadre de leur projet d’entreprise pour 2019-2023 soient ”dépassés dès 2022″. Ce résultat est en partie permis par “la transformation de [leur] organisation”, inscrite dans ce projet d’entreprise.
“Cette transformation organisationnelle s’est essentiellement opérée en 2020 et nous conforte aujourd’hui dans ce choix puisqu’elle permet cette croissance harmonieuse”, a fait valoir Elisabeth Le Boité.

“Cette transformation avait aussi pour objet de prendre en compte la fusion opérée avec le GIP lillois e-SIS [ex-Syndicat interhospitalier d’informatique hospitalière Nord-Pas-de-Calais] qui a été validée au 1er avril 2019 et il était important de prendre en compte le fait d’être désormais sur deux sites pour le SIB, et non plus un seul.”

En outre, la transformation portait sur le développement de l’industrialisation de la production du SIB et la création de deux nouvelles directions : une direction de la relation clients et une direction de l’innovation.

La direction de l’innovation est dotée d’un budget et d’effectifs propres (composée de 5 personnes et des équipes “développement”). Les montants alloués n’ont pas été précisés, mais les dirigeants du GIP ont fait savoir que le budget était “conséquent”.
En 2021, le SIB a consacré 12,5% de son budget à la recherche et développement (R&D) incluant l’innovation, a-t-on appris.
La direction de l’innovation a, elle, déjà initié plusieurs projets en son nom propre ou avec des partenaires. A l’occasion du salon Santexpo à Paris en novembre, le SIB a présenté un projet d’alliance stratégique avec le GIP Symaris autour de la dématérialisation du registre de la loi.

Un autre projet, portant sur la responsabilité populationnelle, a également été mené avec le CH de Niort, avec l’accompagnement de la Fédération hospitalière de France (FHF), a fait savoir Olivier Morice-Morand.

Enfin, une troisième initiative est en préproduction et devrait voir le jour “début 2022″. Sans le détailler, les dirigeants du SIB ont levé le voile sur ce projet qui ”sera doté d’intelligence artificielle (IA) et portera sur le circuit du médicament” afin de “faciliter le travail des pharmaciens hospitaliers”.

L’IA est d’ailleurs “l’un des trois axes prioritaires d’innovation” du SIB, a souligné sa secrétaire générale, qui mise sur l’expertise du GIP et les partenariats avec des start-up, notamment de l’écosystème rennais, pour accélérer dans le domaine.

La cybersécurité et le “numérique responsable” dans le viseur

Pleinement investi dans la feuille de route du numérique en santé portée par les pouvoirs publics et le Ségur numérique, le SIB “travaille de concert avec les membres de l’Asinhpa [association des structures d’informatique hospitalières publiques autonomes], dans l’objectif d’accompagner ensemble les établissements et les aider à répondre aux exigences du Ségur”.

En outre, le groupement a décidé d’accélérer en 2022 dans deux domaines: la cybersécurité et le “numérique responsable”, ont insisté ses dirigeants.

Concernant la cybersécurité, “nous nous sommes inscrits dans ces sujets qui ont des conséquences sur les établissements”, a expliqué le directeur général. Pour les aider au mieux, le SIB s’attelle à organiser des formations, à mener des audits et à accompagner les structures dans leur gestion de crise lorsqu’elles sont touchées par une cyberattaque.

S’agissant du “numérique responsable”, il s’agit de “faire en sorte que la transition numérique puisse être responsable sur des aspects environnementaux, sociaux, sociétaux et éthique”, a défini Elisabeth Le Boité.

“Dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19, nous avons assisté à une accélération importante des usages numérique par les citoyens et chez nos adhérents (hôpitaux et collectivités locales) et nous nous devons de faire une priorité du numérique durable et accessible”, a-t-elle détaillé.

Le SIB compte aujourd’hui 412 adhérents dont “une dizaine” de collectivités territoriales. Parmi elles, le DG du GIP a cité la région Bretagne et le département d’Ille-et-Vilaine, auxquels le SIB offre plusieurs services comme l’hébergement, la protection et la valorisation de leurs données ou encore l’archivage.

La thématique du numérique responsable sera “le fil rouge” des prochaines journées des adhérents du SIB, prévues les 17 et 18 mars 2022 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). wz/rm/APMnews